L’exposition explore le culte du corps et de la beauté comme revendications politiques. Elle interroge la tension entre désir, esthétique et pouvoir, donnant à voir un corps impudique magnifié, revendiqué, exposé jusque dans ses formes les plus crues et exhibitionnistes. Au cœur du projet se trouve le mythique Portfolio X de Robert Mapplethorpe, réalisé en 1978 et présenté pour la première fois en Europe en 1979 à la galerie Jurka à Amsterdam. Accompagné d’un catalogue devenu légendaire, cet ensemble marquait alors la première exposition européenne du photographe, six ans seulement après sa sulfureuse exposition Backroom à la Light Gallery de New York en 1973, qui l’avait propulsé sur le devant de la scène. Cette période précoce de l’artiste, rarement montrée car jugée trop explicite, est pourtant fondatrice. Mapplethorpe y impose un regard charnel et frontal, d’une rigueur formelle absolue. Ses images, d’une beauté classique, subliment la sexualité queer, transforment le désir en composition et la provocation en beauté. La maîtrise du grain, de la lumière et du cadre élève l’érotisme au rang de sculpture contemporaine.
Photographe homosexuel s’exposant lui-même dans des images hypersexualisées, Mapplethorpe devient dès la fin des années 1970 une figure centrale d’un art de la transgression et de la libération, où le corps devient un terrain de lutte et d’affirmation identitaire. Présenter le Portfolio X, c’est revenir à l’origine d’un regard à la fois sexuel et politique, fragile et triomphant, et rappeler que la beauté — même dans ses formes les plus dérangeantes — demeure un espace fondamental de lutte pour les libertés individuelles.
AUTOUR DE L’EXPOSITION
Photo Brussels Festival – du 22 janvier au 22 février 2026
Nocturne — vendredi 23 janvier, jusqu’à 21 h
Conversation autour de l’œuvre de Robert Mapplethorpe avec Xavier Canonne, directeur du Musée de la Photographie de Charleroi, et Eric Mouchet — mercredi 11 février, 18 h
// Leather and S&M Underground (22.01-14.03.2026) | Bruxelles
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