La Galerie Eric Mouchet Bruxelles est heureuse de présenter Under the Chandelier, première exposition personnelle en Belgique de Liza Sivakova (née en 1997 en Russie), artiste peintre travaillant entre Dresde et Paris.
Sous les lustres de salons bourgeois, de salles à manger cossues ou de bureaux feutrés, les toiles de Liza Sivakova mettent en scène des intérieurs où le décorum vacille : un éléphant s’invite au dîner, un homme s’effondre sous une table, une femme danse pieds nus sur un tapis persan pendant qu’autour d’elle, des figures en costume poursuivent leurs conversations comme si de rien n’était. Under the Chandelier réunit un ensemble de peintures récentes, ainsi que des pastels et des collages, qui explorent, sous le vernis de l’élégance et de la cérémonie, les mécanismes par lesquels le pouvoir se met en scène, se normalise et se transmet.
Formée à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, puis à la Hochschule für Bildende Künste de Dresde et à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Liza Sivakova développe depuis plusieurs années une pratique picturale qui interroge les mécanismes visuels par lesquels le pouvoir se construit, se légitime et se transmet à travers la mémoire collective. En combinant images d’archives, photographies trouvées, collages et matériaux personnels, elle compose des tableaux à plusieurs strates temporelles, où réalité historique et fiction se rejoignent, et où des figures historiques identifiables côtoient des éléments contemporains aux couleurs vives, permettant à différentes époques de coexister au sein d’un même espace pictural.
Grandir dans la Russie post-soviétique, et être témoin de la consolidation progressive d’un régime autoritaire, a profondément marqué sa pratique artistique. Plutôt que de représenter des événements historiques précis, ses peintures explorent les stratégies visuelles par lesquelles l’autorité politique se construit, se normalise et s’installe dans le quotidien. Naviguant entre expérience personnelle et histoire collective, son œuvre questionne la façon dont l’idéologie, les structures patriarcales et les images héritées continuent d’influencer la société contemporaine. Par le jeu de symboles récurrents, d’images superposées et de glissements délibérés entre monochromie et couleur, ses peintures résistent aux récits linéaires et invitent à des lectures multiples, brouillant les frontières entre document, mémoire et fiction.
L’artiste résume elle-même sa démarche ainsi : ses thèmes artistiques trouvent leurs racines dans sa propre expérience de jeune femme dans la Russie du XXIe siècle, avec les contraintes structurelles et les contradictions intérieures que cela suppose. Elle y aborde notamment les rapports de pouvoir, l’inégalité entre les sexes, la santé psychique, l’invisibilisation des fragilités sociales et le contrôle exercé par les structures autoritaires. En travaillant à partir de symboles, d’associations et d’émotions, elle cherche à créer une atmosphère trouble et oppressante, dans laquelle naissent des scènes ambiguës, avec pour objectif de provoquer un sentiment de trouble et de désorientation.
Under the Chandelier rassemble un ensemble de peintures à l’huile récentes de l’artiste. La série Elephant in the room (2026), qui donne à l’exposition une grande partie de son ton, met en scène l’animal, incongru et massif, faisant irruption dans des intérieurs bourgeois feutrés, entre dîner mondain, chambre à coucher et salon cossu, sans que les convives ne semblent y prêter attention. Siesta (2026) et Feeding Time (2026) poursuivent ce jeu sur le basculement de la scène domestique vers l’étrange, tandis que Peace Treaty? III (2025), reprenant une iconographie diplomatique historique, interroge la mise en scène du pouvoir et de la réconciliation d’État. Les deux volets de Dancing Queen (2026) mettent en scène des figures dansantes, saisies dans un mouvement presque désarticulé, sous les lustres et lampions de salons d’apparat, entre cérémonial et perte de contrôle.
L’exposition présente également un ensemble inédits de pastels sur papier marouflé sur bois, ainsi que plusieurs collages sur papier réalisés à partir de photographies d’archives et retravaillés à la tempera, dans lesquels Sivakova poursuit son travail de recomposition de l’image historique. Si la peinture à l’huile forme le cœur de sa pratique, Sivakova travaille également le carreau de céramique émaillé, élargissant son exploration de la fabrique des images et de la représentation historique à d’autres médiums et d’autres échelles.
Le travail de Liza Sivakova figure dans les collections de la Städtische Galerie Dresden, de la STRABAG Art Collection et de la Kunstsammlung des Bodenseekreises. Elle a été sélectionnée pour le programme de bourses Fresh A.I.R. de la Stiftung Berliner Leben, a reçu le Förderpreis des Bodenseekreises (2026) ainsi que le premier prix du 47e Kunstpreis de la Kulturstiftung der Sparkasse Karlsruhe (2024), et figurait en présélection du jury du STRABAG Art Award en 2024 et 2026. Elle a également reçu l’Emerging Artist Award du Royal Institute of Oil Painters de Londres (2022) et la médaille d’or de l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg (2015).
Son travail a fait l’objet d’un reportage d’ARTE en 2024 («Liza Sivakova und das Napoleon Phänomen») ainsi que de plusieurs articles de presse allemande. Parallèlement à sa pratique, elle enseigne la peinture à la 29e Académie d’été internationale des arts visuels de Dresde (riesa efau) durant l’été 2026. Parmi ses expositions récentes figurent le Kunstmuseum Heidenheim («Die ganze Zeit»), la Motorenhalle de Dresde («berühren[d]»), la galerie The Grass is Greener à Leipzig («On the Other Side»), le Schloss Britz à Berlin, ainsi que la Fondation BMW Herbert Quandt à Munich et la Cour vitrée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.
PLUS D’INFORMATIONS :
// Liza Sivakova
// Dossier de presse
// Under the Chandelier (10/09-31/10/26 | Bruxelles)
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