Ella Bergmann-Michel (1896-1971) est l’une des artistes les plus importantes et les plus originales de l’avant-garde allemande du XXe siècle. Fascinée par la musique et l’art, elle décide dès 1915 d’étudier l’art à l’université des beaux-arts du Grand-Duc de Saxe. Avec son mari Robert Michel, elle se lie d’amitié avec Kurt Schwitters et s’inscrit pour un semestre au Bauhaus de Weimar. Dès les années 1920, elle participe à de nombreuses expositions en Allemagne et aux États-Unis.
Comme la plupart des artistes allemands connus de cette époque, Ella Bergmann s’est également intéressée au graphisme, à la typographie, à la photographie et au cinéma. De même que son mari Robert Michel, Ella Bergmann-Michel a développé un style personnel en très peu de temps et se rapproche de Dada, du constructivisme et du purisme. Suite à la naissance de son fils, et pour une plus grande sécurité financière, et également parce que le Bauhaus était trop formel à ses yeux, elle a quitté Weimar peu de temps après et a fondé un studio indépendant avec son mari près de Francfort, dans le Taunus. Elle y trouve l’espace nécessaire pour développer ses idées et suivre sa propre voie dans les domaines de l’art, de la photographie et de la réalisation de films.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ella Bergmann-Michel est, comme son mari, interdite de pratiquer et considérée comme une artiste dégénérée. L’ensemble des premières œuvres des deux artistes a été produit en l’espace de vingt ans. En raison de la domination du National-Socialisme en Allemagne, les Michel ont cessé leurs activités artistiques. Pour assurer sa subsistance, Ella Bergmann-Michel se consacre à l’agriculture et à l’élevage de petits animaux.
Après la guerre, elle fonde le “Film-Studio” à Francfort et donne des conférences sur le Cavalier bleu, le dadaïsme et le Bauhaus. Dans les années 1960, elle a recommencé à créer. Outre les collages de papier japonais, elle crée une série de collages de fils.
La Galerie Eric Mouchet a le plaisir de représenter en exclusivité la succession de l’artiste Ella Bergmann-Michel et de son mari Robert Michel.
Après avoir eu un accident d’avion alors qu’il était pilote d’essai en 1916, Robert Michel, alors âgé de dix-neuf ans, trouva refuge à l’École des Beaux-Arts de Weimar, où il fut soigné. Profitant de sa convalescence au milieu des artistes, il se mit lui-même à peindre. Ses premiers paysages, qui s’inspirent de son expérience de pilote, comptent parmi les premières œuvres de l’histoire de l’art à présenter une vue à vol d’oiseau qui met en valeur la vision brutaliste de la ville.Inspiré par la manière dont les futuristes représentaient le mouvement
et par la passion de l’artiste pour la vitesse et la technologie moderne, son œuvre s’est dès lors révélée riche en références mécaniques.
À partir de 1918, il trouva un mode d’expression très personnel, en quelque sorte psychédélique et fantastique, peignant des paysages tridimensionnels irréalistes dans des compositions complexes mêlant d’énormes roues dentées à toutes sortes de moyens de transport, des trains aux avions, en passant par les voitures de course et les bateaux. En 1919, après les émeutes étudiantes qui eurent pour conséquence la démission de l’empereur, la nouvelle République allemande fut établie à Weimar. Engagé politiquement et proche du nouveau président social-démocrate Ebert, marié et attendant la naissance de son premier enfant, confronté à l’ouverture de la nouvelle école du Bauhaus créée par Gropius, et fondant avec l’artiste Johannes Molzahn et sa propre épouse Ella Bergmann la section de Weimar du mouvement Dada, tout en nouant des contacts avec la plupart des militants de ce nouveau mouvement, Robert Michel vivait au cœur du tourbillon moderne le plus passionnant dont un artiste puisse rêver. Il avait été invité par Walter Gropius à participer à une exposition réunissant quatre artistes afin d’annoncer l’ouverture prochaine du Bauhaus.
À partir de là et pendant les deux années suivantes, l’artiste crée un corpus de quelques dizaines d’œuvres qui recèlent toutes de plus en plus de mystères. Toujours inspirés par la mécanique, mais manifestement aussi par les contes de fées, les idées du Bauhaus en matière d’architecture et les superstitions, les peintures et dessins réalisés par Robert Michel entre 1919 et 1921 comptent parmi les peintures modernes les plus énigmatiques qui soient. La figure humaine ressemble davantage à des marionnettes désarticulées ou mécaniques, placées dans des paysages industriels en perspective axonométrique, entourées de chats noirs, d’instruments de mesure, de fenêtres aux rideaux tirés, de chevaux, de moustaches, de lettres, de chiffres et de symboles kabbalistiques, qui n’ont pas encore révélé leurs secrets. Conformément à l’accord signé par la galerie avec la succession de l’artiste, nous avons chargé deux jeunes historiens de l’art allemands d’étudier la signification profonde de l’imaginaire de Robert Michel entre 1919 et 1921, et nous serons en mesure de proposer aux visiteurs d’Art Basel Paris un catalogue entièrement illustré comprenant une étude scientifique et stylistique consacrée à cette série d’œuvres exceptionnelle et rare.
En parallèle de l’exposition, une collection d’une vingtaine d’œuvres sont ’exposer dans la section « Premise » d’Art Basel Paris 2026. Ce travail est le fruit de plus de vingt ans d’engagement, de recherche et d’une politique d’acquisition. Des œuvres d’une qualité comparable ne peuvent être admirées qu’au Los Angeles County Museum of Art et au Sprengel Museum de Hanovre.
PLUS D’INFORMATIONS :
// Ella Bergmann-Michel
// Robert Michel
// Heimatmuseum of Modern Art (02/10-31/10/26 | Paris)
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